Christian Rau
La Fenêtre


La Casamaures
 et le charme du béton moulé...

(page mise à jour  le 14/12/2008 : référence bibliographique...)

Il existe près de Grenoble une étrange demeure. Lorsque je me suis établi à Saint-Egrève en 1981, je fus intrigué par cette construction orientaliste qui jouxte l'ancienne route nationale, surplombant la bruyante 'autoroute de Lyon.



Utilisant les produits de la première cimenterie Vicat, alors située tout près de là, près de la Porte de France, sous les fortifications de la Bastille, un riche négociant de l'époque eut l'ambition en 1852 de créer une demeure de type orientaliste, inspirée de l'Alhambra de Grenade et des villas de Bosphore. Au loin, vers le sud, se dressent deux pyramides montagneuses qui devaient aussi lui rappeler les expéditions des égyptologues de l'époque, dont bien-sûr Champollion. Le cours de l'Isère à cette époque n'était pas encore maîtrisé, et il aménagea son terrain jusque sur le cours de cette rivière pour créer une "Guinguette". Joseph Cochard et sa famille (trois épouses successives !) habita cette folie (dans tous les sens du terme, puisqu'elle le ruina en 23 ans !), cette "maison d'amour", rêve orientaliste aux arabesques soutenues par du bleu outremer, surplombant un parc aux fleurs bleues. Après sa mort, en 1878, la villa se dégrada peu à peu. Rachetée en 1981, elle fut sauvée de la destruction par Christiane Guichard, sa propriétaire actuelle.  Ayant obtenu le prix 1986 des chefs-d'oeuvre en péril, la villa - nommée entre-temps la Casa Maures (jeu de mots entre amour et influence mauresque...) - fut classée la même année "monument historique". L'association "La Casamaures d'hier et d'aujourd'hui" installée dans l'Orangerie (terrasse inférieure) protège, restaure tant bien que mal, et fait revivre ces lieux.  Elle accueille des créations artistiques, expositions et animations culturelles. C'est à la Casamaures que fut créé également en 1986 l'Atelier Tournesol qui restaure et inventorie les cadrans solaires de l'Isère et des Hautes-Alpes. Cinq cadrans ont été créés spécialement pour la Casamaures, qui ajoutent leur charme aux terrasses de cette "folie", le plus ancien monument français réalisé en béton.
Lever de soleil sur la Bastille...
Alors que la réfection longue et coûteuse des façades ( 52 colonnes...) n'est pas encore terminée, une autre menace se profile à l'horizon : celle d'un viaduc routier de la "rocade nord", projet très contesté d'un passage en tunnel sous la Bastille. Au-delà des nuisances (ajoutées à celle de l'autoroute en contrebas) s'ajoutera le risque très sérieux que la structure en béton moulé (aucune armature métallique) ne supporte pas les vibrations générées par le chantier...

Détails évocateurs des sculptures du jardin d'hiver

Ces quelques vues vous donneront peut-être l'envie d'aller la visiter et de la protéger...  

La majesté d'un magnolia plus que centenaireDans le jardin d'hiverEntrée de la maison, dans le jardin d'hiver
Quelques vues des terrasses et du parc, lieu de créations artistiques

Bananiers, herbes de la pampa et kiwis...
Si la rocade est réalisée ici, la cimenterie à l'origine de la construction ne sera plus visible..

Pour tous renseignements, consultez le site de l'Association "Casamaures d'hier et d'aujourd'hui" :  http://www.casamaures.org
et
Découvrez le magnifique ouvrage illustré sur la Casamaures :
La Casamaures, coeurs à corps
Photographies d'Alan O'Dinam - carnet de voyage de Christiane Guichard
Edité par l'Association La Casamaures - 10/2008 -  ISBN 978-2-9533153-0-1 - 25 €


Imaginez la barre d'un viaduc bruyant et polluant au fond de ce jardin enchanteur...

Textes et photos © C. Rau - 28/10/2007
Je remercie  Madame Christiane Guichard  de  m'avoir autorisé à publier ces photographies de la Casamaures sur mon site.


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