La Fenêtre
Christian Rau

Des coups de colèredes mots qui viennent, des souvenirs, des mots pour sourire parfois

 

des mots qui viennent… 

Complété (anciens textes) en janvier 2004

 

Mon CDI  (1996)

                                  

On y entre comme dans un moulin

On y tourne la roue du savoir

On s'y sent pousser des ailes

On y voit des gens

Qui brassent du vent,

De vrais moulins à paroles

Et s'ils pouvaient apporter

De l'eau à notre moulin...

 

Il ne ferme pas, il est ouvert sur le monde,

Sur les chants, les bruits, les couloirs, le chahut.

Pas de porte ? Pas de clé !

Mais des mots-clés.

 

Les livres sont côte à côte, avec leur cote

Les périodiques ont leur rubrique

Les romans se suivent et ne se ressemblent pas

Les documentaires se terrent sur leur étagère

Les élèves digèrent, dégénèrent, exagèrent

Les usuels s'usent, les mots s'en mêlent, les mots s'emmêlent

 

Le documentaliste se tait, fataliste

Il insiste, résiste, se désiste

Les logiciels, didacticiels, référentiels, c'est démentiel !

Est-ce essentiel ?

 

Faut faire savoir le savoir-faire

L'autonomie, monotonie

La vie scolaire ? La vis, l'avis scolaire ?

Colère...

L'étude se vide, le CDI

se remplit.

Les désappointés s'y pointent

Les passionnés montrent leur nez

Les déraillés cherchent leurs rails

Les créateurs se font acteurs

Les fainéants se font gênants

Les travailleurs rêvent d'être auteurs

Les distraits gomment leurs traits

Les gourmands cherchent leur roman

Les rêveurs en oublient l'heure

Les lecteurs se délectent

Les bavards sont peinards

Une partie d'échecs

Pour ceux qui le refusent

Les cheikhs peuvent apporter leurs chèques

 

Le documentaliste égrène ses listes

Liste les documents, sème les idées,

Fixe les titres,

Répond à tous

Et à personne

"Une Photocop, M'sieu, s'il vous plaît

A vez vous c'livre ? Je n'le trouve pas.

Qu'avez vous sur les pyramides

Sur le basket, le sexe, la gym ?

 

Mon CDI : mais quel fourbi !

Que de passion, que d'émotion

Les heures passent, le courant passe

Un mot par ci, un coup d'main là...

Une étincelle contre l'échec

Une tache d'huile indélébile

Des filets d'eau qui se rejoignent

Dans le grand fleuve du savoir...

 

Peut-être aurai-je à ces paumés

Des Nintendo (in extenso)

Montré l'étoile, guidé les pas

Et rallumé la flamme étouffée par une société en déroute.

 

(Ecrit  un  soir  de  grande  fatigue à  Beaurepaire en février 1996 : « mon CDI » était effectivement  la continuation directe  d’un couloir … il a été réaménagé deux ans plus tard, et bénéficie depuis peu de locaux tout neufs dans un collège restructuré !)

 – Texte paru dans Inter-CDI.

 

 

Tendresse

 

J'aimerais être marchand de tendresse

Marchand de rêve et de douceur

Offrir des trêves, ouvrir les coeurs

Une brise tiède de printemps

Un éveilleur de sentiments

Remplacer la monnaie par la reconnaissance

Peindre la naïveté comme une autre naissance

La finesse des blés dans la plaine des Flandres

Et les rondeurs laiteuses des monts du Boulonnais

Les villages fleuris et leurs estaminets

Rendre l'espoir aux pauvres, aux horizons bouchés

Estomper les contours des sombres aventures

Dégager tout le charme qu'on puise au fond des yeux

Libérer les pensées écrasées par la peine

Souffler des boucles blondes sur des mèches rebelles

Offrir le réconfort pour tout geste d'effort

 

J' aimerais être le vent qui se fait caressant

Le sable chaud et fin, insaisissable amant

Glissant sur une peau accueillant cette offrande

Un baiser qu'on dépose, tiède,  au creux du cou

Un mot doux chuchoté dans le creux de l'oreille...

L'attendrissant enfant qui joue à être grand,

Ignorant les épreuves qui l' attendent pourtant !

                                               CR, 29 décembre 1996

 

 

 

La Comète

 

Le bleu du ciel s'approfondit

Une à une, les pierreries

Dans le lointain scintillent

Le Silence s'alourdit

Une douce brise m'étourdit

Des duvets se détachent

Du Printemps retrouvé,

Virevoltent, se déposent

Avec délicatesse

Les Silhouettes noires

Bruissantes de finesse

Se profilent sur le ciel

De plus en plus profond

Et voilà qu'un duvet

Lumineux, silencieux

S'est fiché dans les cieux,

Visiteur mystérieux

Il délivre mes yeux

Des pesanteurs terrestres.

Fidèle, millénaire,

Comète au doux sillage

Soufflée par tant d'amour

De notre Astre du jour,

Comète, ne quitte pas

Si vite

Le ciel de notre terre,

Ne délivre pas trop vite

Ton éphémère

Mystère...

CR, 3 avril 1997

 

 

 

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Visions

                                              

Je reposai le livre ouvert sur ma table de chevet. Une douce somnolence commençait à me gagner. Mon regard erra un moment sur les vieux murs de la chambre.

Je suivais distraitement l'une des fissures qui se dessinaient face à moi. L’une d’elles m’emporta sur son trajet tortueux et  contrarié…

Là, le rivage s'interrompait, un rocher monstrueux apparaissait. Il surplombait un delta, qui ressemblait... Oui, il ressemblait à s'y méprendre à celui du Pô. Mon regard suivait la côte : elle s'embrumait...

Bientôt, la mer m'apparut, scintillante. L'avion survolait le littoral, et je me laissais bercer par son ronronnement régulier. Mais pourquoi étais je brusquement pris d'un vertige ? L'avion devait aller bien vite... Par le hublot, j'aperçus la Terre qui vacillait vertigineusement. Pourquoi l'appareil allait-il si vite ?

La descente s'amorçait, soulevant mon coeur à chaque palier... Allait-il s'écraser à la surface des eaux ? Un coup d'oeil vers ses ailes me rassura : elles étaient pourvues de flotteurs. Je ne ma rappelais pas être monté dans un hydravion... Je distinguais maintenant la crête des vagues.

Le contact avec la mer s'annonçait violent... Mais non : nous flottions déjà sur les eaux calmes... Au loin, de multiples clochers hérissaient finement la silhouette flottante d'une île, dans le contre-jour d'une brume montante. 

Etait-ce possible ? Cette ville sur l'eau, flottant vaporeusement... Venise ? Mais oui ! Sans aucun doute, c'est Venise et sa lagune qui s'offraient maintenant à mes yeux étonnés !

Je me laissais emporter silencieusement par une gondole....

Quand étais-je sorti de l'avion ? Qu'étaient devenus les autres passagers. Mon esprit s'embrouillait. Un silence de mort : même le clapotis de l'eau était silencieux. Le gondolier - dont je ne distinguais que la noire silhouette - enfonçait sa rame dans les flots grisâtres, la retirait, l'enfonçait à nouveau, et la gondole accélérait, accélérait...

Le Quai des Esclavons s'approchait dangereusement, avec sa guirlande de palais somptueux. On aurait dit qu'il aspirait la frêle embarcation. Il était curieusement vide, comme si la foule de touristes qui l'animait habituellement l'avait déserté sous une menace inconnue. J'essayai d'alerter le gondolier, mais celui-ci semblait rester sourd, indifférent à mes injonctions, répétant ses mouvements comme un automate. Je n'arrivais pas à distinguer les traits de son visage. En avait-il un ? Il continuait à nous propulser droit sur les quais. Nous allions nous y fracasser!

Paralysé de terreur, je n'arrivais plus à sortir aucun mot de ma bouche pâteuse. Je fermai les yeux. Combien de temps restai-je ainsi, les yeux clos ? Impossible à dire. Un nuage de coton m'enveloppait. Peut-être avais-je à nouveau les yeux ouverts ?

La brume se dissipait. A travers ses lambeaux, je réalisai peu à peu ce qui m'entourait : d'immenses murs de briques percés d'innombrables fenêtres me dominaient de toutes parts, et semblaient rejoindre le ciel, dont seul un petit carré apparaissait.

J'étais assis sur la margelle d'un puits. Mon regard se porta sur un lion ailé, gravé sur une pierre, surmonté d'étranges inscriptions. Je me levai pour examiner cette curieuse cour : à ce moment, ma vue se brouilla. Dans un grand vacarme, le sol se souleva autour de moi : des formes grises me frôlèrent, s'élevant dans un grand battement d'ailes. Deux pigeons se précipitaient sur moi, les yeux vides, le bec menaçant.

Je fermai à nouveau les yeux. Le bruit disparut aussitôt. Etait-ce possible ? Les oiseaux n'étaient plus là. La cour était vide... Etait-elle vraiment vide ? J'avais la nette impression que des regards m'épiaient de toutes les fenêtres, derrière les volets clos. Et soudain, tous ces volets s'ouvrirent dans un ensemble parfait. Des personnages masqués affublés de la "bauta" étaient accoudés à chaque appui de fenêtre, visages blancs percés de deux trous noirs, inquiétants.

Que me voulaient-ils donc, tous ces Casanova de pacotille ? Qu'avais-je à leur dire ? leur immobilité en disait long sur leur attente. Désespérément, je tournai la tête vers les maisons dressées dans mon dos, afin de chercher je ne sais quel secours... et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris leurs façades ! Elles étaient couvertes de grands draps multicolores.

D'où sortaient donc ces draps ? Je cherchais à suivre des yeux les cordes à linges qui les soutenaient, et mon regard s'éloignait, s'éloignait... Le ciel apparut entre les  draps, et mon regard tomba sur son reflet, sur les eaux noires du canal. Plus loin, un pont de briques s'élançait gracieusement au-dessus des eaux sombres, emprunté par un défilé de personnages masqués - eux aussi - de la bauta.  La cour s'était-elle ouverte d'un côté ? Etais-je devenu fou ? La  sueur perlait sur mon visage. Pourquoi tous ces personnages défilaient-ils comme des automates .?  Que faisais-je maintenant, assis sur les marches du pont ?  Il fallait que je me renseigne… Plus loin, entre deux façades, s'ouvrait une sombre ruelle. Je m'y engageai.

Où allaient-ils ? Léger comme le chat botté, je les rejoignis en quelques enjambées. Aucun ne se retournait. Une armée d'automates en marche vers une destination secrète... Combien étaient-ils ? Des dizaines, des centaines ? J'essayai de les dépasser, mais leur masse compacte m'en empêchait, frôlant le bord des quais, les parapets et les ponts, s'engouffrant dans de sombres venelles, puis absorbée par un passage couvert... Par le dédale des ruelles, je les suivis, moi aussi, en automate. Où me trouvais-je maintenant ? Pourquoi n'y avait-il donc aucun autre témoin de cette étrange scène, qui eut pu me renseigner, me rassurer ?

 

Aucun repère : je me retournai malgré tout plusieurs fois. Partout, mon regard butait sur des façades aux fenêtres muettes :  aucun repère significatif ne se dévoilait. Les ponts qui franchissaient des canaux aux eaux troubles ressemblaient tous à celui du Meggio. C'était toujours un changement de cap dans l'entrelacs des sombres ruelles. Je ralentissais, découragé peu à peu de les suivre. Pourquoi les suivais-je, d'ailleurs ? Plus loin, devant moi, l'armée des Casanova prenait de l'avance. Brusquement, elle fut avalée par un passage couvert, dans une ouverture dérobée aux maisons. Je me mis instinctivement à courir. Curieusement, je ne sentais plus mes jambes, pas plus que mes bras, comme si mon buste fonçait seul à travers l'air moite des ruelles. L'ouverture entre les maisons : je l'avais bien vue ? S'était-elle effacée, comprimée au point de disparaître ?

Je cherchai une ouverture quelque part, et je la vis. Un Lion de cuivre faisait la grimace entre ses deux ailes dressées, ouvrant une large gueule au milieu d'une façade lépreuse. Il crachait des lettres qui constellaient déjà le sol.

 

Une enveloppe rouge jaillit soudain de la gueule largement ouverte, et tomba au milieu des autres. Je me penchai pour la saisir, mais elle glissa, et disparut. On aurait dit une anguille qui cherchait à s'échapper. Lorsque ma main fut enfin à sa portée, un courant d'air que je n'avais point senti la souleva plus haut, à une hauteur où elle devenait à nouveau impalpable. Elle s'agitait en dansant, mue par d'invisibles fils de marionnette, s'évertuant à me narguer dans mes efforts pour l'attraper. Quand elle fut enfin à ma portée, elle se déplia comme par enchantement, et je lus ces mots :

 

Toi qui liras ces quelques lignes,

Toi, l'assassin de notre Doge,

Fuis sans tarder la ville maudite

Suis cet itinéraire secret...

 

Puis les lignes s'effacèrent une à une, mot après mot, alors que je m'apprêtais à les relire. Et un curieux dessin apparut. Il me rappelait une forme que j'avais entrevue quelque-part…

 

J'écarquillai les yeux, et cette forme se précisa. Elle semblait dessiner un littoral connu. Une musique parvint à mes oreilles engourdies, et le dessin se figea : une mouche se posa sur la fissure : elle la suivait...

Ma tête lourde se tourna sur l'oreiller, et la lumière printanière qui inondait la pièce à travers les rideaux de voile me fit un signe amical. Je tendis la main vers la table de nuit, et refermai le guide de voyages...

 

 

Christian Rau, Janvier 1999

 

 

                          

 

 

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Banon : avril provençal

 

Cuvette douillette d'une vallée provençale. Au fond, une route serpente sur un tapis vert tendre parsemé des petites tâches ocre des maisons. Les lavandes forment de petits tapis rayés. Les garrigues montent à l'assaut des collines, sur un sol qui laisse entrevoir çà et là des traînées rougeâtres.

Le village adossé à la colline s'agrippe avec ses remparts. Les maisons aux teintes pastel souvent ocre font la haie aux marches de pierre qui mènent nos pas vers la ville haute, où trône l'église. Cette vieille dame surveille l'ensemble depuis son campanile coiffé de fer forgé.

Sous le ciel gris, des rideaux de pluie traversent la vallée. On dirait parfois que la lumière monte du sol. Les chemins de pierres se changent en ruisseaux drainant la boue rouge des collines. Les parfums du thym , de la sariette et du romarin ont laissé place à d'autres parfums d'herbes mouillées. 

La pluie disperse ses dernières gouttes. Un soleil pâle fait fumer les pierres du chemin qui  sinue entre les rocailles parsemées d'iris de l'adret. L'harmonie est parfaite sur ce qui fut jadis une route. A chaque détour les yeux peuvent divaguer à leur aise, sans jamais buter sur une maladresse du paysage. On voit qu'ici l'homme a su vivre et composer avec la nature sa symphonie quotidienne. Même les ruines semblent avoir choisi leur place, blotties là où il faut. Les verts sont irréels. Ma palette ne suffirait pas à rendre toutes les nuances des feuillages naissants du printemps. Finesse et légèreté, nuances et harmonie ... Le ciel gris, loin d'agresser le paysage, le protégerait plutôt d'un ciel  trop bleu  et trop criard pour la saison. Seuls les feuillages d'un vert soutenu et l'ocre rouge de la terre s'accommodent d'un ciel tout bleu.

La féerie des teintes de ce paysage largement ouvert entre les plis du manteau de chênes verts de Dame la Lure, sombre et austère, ravit mon regard. Au loin vers le Sud, la silhouette gris-bleuté du Lubéron ferme l'horizon.

Tout ici paraît chanter : les couleurs des maisons, l'accent des habitants, les concerts des oiseaux, l'eau qui ruisselle ou qui s'égoutte....

Pourtant, ce pays lutte pour garder cette liberté, ce bonheur préservé du stress envahissant de la ville. Les oliviers tordent leurs bras noueux pour mieux régler la musique du vent dans leurs branches, pour honorer les poètes des grands troupeaux et des étoiles.  Le nom des villages sonne à nos oreilles. Malfougasse nous met l'eau à la bouche. Saint-Etienne les Orgues semble vouloir orchestrer la musique du vent pour l'ensemble des communes alentour.

 

C. R.    -  25 avril 1993

 

 

Les Fraches : randonnée au pays de Giono.

 

Le sentier odorant et mouillé s'insinue entre les sapins qui s'égouttent sur notre passage. L'air humide est chargé des mille senteurs du matin.

Après avoir progressé un moment, courbés sous chaque branche faisant obstacle, nous atteignons une clairière. Elle nous accueille de sa douce lumière. A notre droite, un dôme de pierres sèches se dévoile à notre regard. Carré à sa base, un toit presque conique, c'est une construction fantastique. Sans ciment, sans argile, les pierres ont été empilées patiemment, et assemblées avec une précision étonnante, malgré leur forme irrégulière. Cette "borie" a défié les années, les décennies. Jean le Bleu a dû s'aventurer jusqu'ici bien des fois. En gravissant la montagne qui unit la Lure au Ventoux, on remonte lentement le temps...

 

Tel un monument au milieu des arbustes, un arbre !

Magnifique et solitaire, il se dresse au creux du vallon desséché qui ramène à Tinette.

Au détour du chemin la maison de Crésus* nous apparaît sur la droite, derrière des ruines. Toujours les mêmes pierres, toujours cette porte que Fernandel ouvrait quand il jouait Crésus. Et derrière la porte, toujours le même lit en fer, le même poêle. Le temps semble s'être arrêté là, par pudeur.

Seul l'Arbre a grandi.

Les étendues désolées qui l'entouraient dans le film se sont couvertes de buissons et d'arbustes pour compenser le départ des moutons.

 Depuis plus de quinze ans plus aucun troupeau n'est venu charmer les hauteurs des Fraches...

 

* (joué par Fernandel dans ce qui est resté le seul film réalisé par Jean Giono)

C. R.    -  25 avril 1993

©  Textes et dessins de Christian Rau

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